mardi 10 janvier 2017

Chiche!

Bonjour à tous.

Le Dauphiné Libéré étant manifestement un peu perdu dans ses découpages, un article qui faisait hier la première page locale de l'édition de Privas, et qui nous concernait au premier chef, n'a pas été repris dans l'édition de Vernoux. Je viens ici réparer cette lacune et en profiter pour prendre date avec Martine Finiels.

Voici l'article en question, qui concerne la signature de partenariats avec l'Etat et le conseil départemental.
Vous avez donc pu y lire (ou pas, il faut une loupe, mais je n'ai pas trouvé la technologie pour en faire une meilleure reproduction...) que ces contrats de ruralité vont contribuer à financer des projets qui, pour beaucoup, n'ont rien de... rural: rénover le théâtre de Privas (7,9 millions d'euros quand même!), aménager une zone d'activités et l'accès au port fluvial au Pouzin... Ensuite, il s'agit de réhabiliter le pôle d'activités au Moulinon (Terre Adélice, etc.) et d'effectuer des travaux sur les voies douces de l'Eyrieux et la Payre. Donc rien qui ne concerne feu le Pays de Vernoux.

Autres informations, autre son de cloche quand on va lire le compte-rendu qu'en a publié la CAPCA sur son site Internet:


Là, les infrastructures de Vernoux, piscine et maison de santé et des services, puisque c'est ainsi qu'il faut la rebaptiser (avec son parking à 186 000 euros!), apparaissent en "premières lignes". Tour de passe-passe du Dauphiné qui ne veut pas effrayer les lecteurs du bassin privadois? Opération de com' de Martine Finiels qui veut montrer au conseil communautaire qu'elle ne s'en laissera pas conter? Ou tout simplement la réalité? A l'heure qu'il est, alors que rien n'est anticipé, rien n'est voté, que beaucoup reste à négocier (sauf le théâtre de Privas, hélas!), personne ne peut vraiment le dire.

En tous cas, pour les opposants à cette fusion, c'est déjà un premier sujet de vigilance: la piscine et la maison de santé seront-elles véritablement prises en charge, au moins partiellement, par la nouvelle CAPCA? Y consacrera-t-elle une partie de ces aides gouvernementale et départementale? Nous disons "chiche!", avec l'espoir que cette annonce déjà claironnée soit suivie d'effet. D'un réel effet. Nous allons suivre ces dossiers au plus près.

Par ailleurs, la probable destitution, ce mardi soir à La Voulte, d'Emmanuelle Riou, de son poste de première adjointe au maire, risque d'être un des premiers effets collatéraux de cette fusion CAPCA/Pays de Vernoux. La politique politicienne, dans une intercommunalité à la majorité aussi ténue et aux relations internes aussi tendues, n'a pas fini de parasiter sa bonne marche et la conduite des projets. Misère!

Bien à vous.

Patrick Lafayette

jeudi 5 janvier 2017

2017 mode d'emploi

Tout d'abord et bien sûr, en cette nouvelle année, je vous présente tous mes voeux de bonheur et, surtout, de santé. La fin 2016 a été suffisamment cruelle, avec plusieurs brutales disparitions et quelques douloureux accidents, pour que nous ne nous souhaitions pas, en priorité, de conserver ce bien précieux qu'est la santé...

Nous voilà donc "Capcaïens" depuis le 1er janvier. Les personnes que je croise, ces dernières semaines, me demandent si ce blog va continuer et, puisque les dés sont désormais jetés, quel intérêt y aurait-il à rester mobilisés.
Je leur réponds qu'après ce revers manifeste, puisque nous n'avons pas pu inverser le cours des choses programmées en haut lieu, loin de nous et dans notre dos, il faut maintenant exercer notre devoir de vigilance, ne pas laisser les politicards retourner à leurs manoeuvres et à leur entre-soi, comme si de rien n'était. Nous allons les surveiller, leur demander des comptes régulièrement, ne pas laisser passer les probables dégradations de nos services, de nos prérogatives, l'éloignement inévitable de la gouvernance intercommunale et les dépenses que nous devrons payer alors qu'elles ne concernent en rien le plateau de Vernoux. La sonnette d'alarme doit continuer à tinter. Ne serait-ce que pour faire vivre la citoyenneté.

L'univers "capcaïen" n'a encore pas changé grand-chose dans notre quotidien et sur notre feuille d'impôts locaux. Il y a déjà quelques effets tangibles, pourtant, sur les employés de la com com et des services qui en dépendent, dont certains vont désormais aller travailler aux Ollières, où une antenne de la CAPCA a été créée. Les évolutions seront lentes puisque le législateur a prévu une période de transition, après la fusion, allant de un à deux ans selon les compétences concernées.

Il faut cependant être déjà à l'affût: les coups bas, tordus, en douce ne vont pas tarder, les dérives que l'on peut redouter risquent de très vite s'amorcer. D'autant que dans une intercommunalité aussi divisée politiquement, tout se monnaye, les tractations seront nombreuses, rien ne se fera au grand jour d'autant que Madame Finiels, promise à un rôle de "conseillère déléguée" auprès de la Présidente, va bien sûr renforcer, par sa culture du secret, l'opacité des décisions.

Je compte donc sur vous et, bien sûr, sur les élus qui ont su rester fidèles à leur promesse de défendre l'intérêt général pour nous alerter sur le moindre point négatif que vous verriez surgir. Je vous rappelle à ce propos que vous pouvez poster des commentaires sur ce blog ou bien écrire, si vous voulez que nos échanges restent privés, à l'adresse mail suivante: paysdevernoux@gmail.com

Avant de se lancer dans ce marquage serré de nos représentants à la CAPCA et des délibérations qu'ils voteront, quelques mots sur les dernières semaines de décembre:

- L'association qui gérait l'Office de Tourisme (lequel passe sous la tutelle de Privas) a donc été dissoute sans heurts mais avec une question restée en suspens: quid de la charge et de l'entretien des sentiers de randonnée? Et une autre, subsidiaire: comment sera désormais organisé le marché du terroir du dimanche matin, en saison, à Vernoux?

- Plusieurs habitants de Silhac m'ont fait part de leur colère: tout en devenant vice-présidente de la CAPCA, Arlette Allard, leur maire, faisait régler à son conseil municipal une note de plus de 60 000 euros pour l'étude sur la construction de la nouvelle école du village... qui restera à l'état de projet! Saine gestion...

- Dans le même registre, Martine Finiels a refermé le dernier chapitre de la com com du Pays de Vernoux, en faisant voter "la publication d'un bulletin d'information pour laisser une trace écrite des actions et réalisations effectuées par la communauté de communes" aujourd'hui défunte. Le tout pour la modique somme de... 8 000 euros! Ce sera sans doute tiré en huit volumes sur papier vélin et relié à la feuille d'or! Que n'a-t-elle pu trouver 80 euros, il y a quelques mois, pendant qu'il était encore temps, pour faire pondre la "feuille de chou" (sic) qu'elle avait promise mais jamais diffusée, qui aurait pu alerter la population sur les enjeux de la fusion avec la CAPCA? Quel scandale! "Et encore, s'il n'y avait eu que ça de voté!" m'a confié un conseiller communautaire dépité... Oui, il y a eu aussi les 789 617 euros pour un bâtiment "Bepos", ces "usines à gaz" censées offrir des économies d'énergie mais certainement pas des économies budgétaires!

- Un dernier mot pour signaler deux enquêtes concomitantes qui brossent un portrait désolant de Privas, notre désormais "capitale locale": celle d'un chercheur, qui y pointe un exode grandissant des commerces vers la périphérie, laissant le centre-ville exsangue; et celle de l'INSEE, qui constate que la préfecture de l'Ardèche perd régulièrement des habitants depuis 1999! Et nous voilà à la remorque de cette cité en plein déclin! Merci Martine!

Je serai ce vendredi 6 janvier à 18 heures aux voeux de Christian Alibert, à la mairie de Châteauneuf. Venez, la pogne y est toujours moelleuse et l'ambiance chaleureuse! Et ce sera l'occasion d'échanger sur tous les sujets et de rencontrer Laetitia Serre, la présidente de la CAPCA, qui s'est annoncée. Les occasions de dialogue ne sont pas si nombreuses au pays de la "démocrature"* de Madame Finiels.

Pour tous ceux qui n'auraient pas lu mon précédent article, vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de l'élection de Madame Serre à la présidence, telle que l'a rapportée le Dauphiné Libéré. Et un "trombinoscope" des vice-présidents. Utile pour les interpeller!

Bien à vous.

Patrick Lafayette

(*) "Démocrature": néologisme très en vogue auprès de certains élus (notamment Georges Frèche, l'ancien maire de Montpellier, en son temps) pour désigner une démocratie dévoyée, qui n'en a que les apparences et couvre une gouvernance proche de la dictature; concrètement, c'est: "Votez pour moi, donnez-moi le pouvoir, j'en ferai ensuite ce que je veux!" 





jeudi 15 décembre 2016

LA CAPCA, C'EST LA CATA!

Bonjour à tous.

Bon, on y est! Pour résumer en trois lettres et six mots la soirée électorale de mercredi: RAS! Circulez, y a rien à voir!

Rien n'a changé! La CAPCA s'appelle toujours CAPCA, la présidente en est toujours Laetitia Serre, elle a toujours ses treize mêmes vice-présidents... Seule retouche cosmétique : elle en a ajouté une quatorzième à la liste. Histoire que le Pays de Vernoux apparaisse quand même dans l'exécutif: Arlette Allard, maire de Silhac et soutien inconditionnel de Martine Finiels. Au secours, Arlette est passée!

Quant à Martine Finiels, Laetitia Serre l'a bien martelé en fin de réunion, "elle deviendra conseillère déléguée pour prolonger son engagement auprès de nous". Fermez le ban!

Comment en est-on arrivé à ce constat d'immobilité complète, en forme de succès à la Pyrrhus pour la majorité restée en place et d'annexion pure et simple, d'inclusion, de broyage pour le Pays de Vernoux aujourd'hui avalé, digéré, disparu ?

Il y eut d'abord l'élection à la présidence qui, bien sûr, allait conditionner tout le reste. De ce côté-là, même si le discours ronronnant et encore à haute teneur technocratique de Mme Serre ouvrait un espace et quelque espoir, l'intervention du candidat d'opposition, Michel Valla, a laissé l'auditoire sur sa faim. 
D'abord parce que le maire de Privas n'a pas su appuyer assez fort sur l'argument n°1 en sa faveur : la possibilité, s'il était élu, de tendre la main à la Région, à laquelle les récentes réformes territoriales ont confié le nerf de la guerre économique, une possibilité exclue, en cas de reconduction de Madame Serre et son équipe, par un irréductible clivage politique ; ensuite parce que l'excellente idée du « ticket » avec Alain Sallier, le maire de Chalencon, qui aurait alors été premier vice-président chargé de veiller aux intérêts de la vallée de l'Eyrieux et du Pays de Vernoux, n'a pas eu un effet d'entraînement suffisant.
A nos yeux, tout simplement parce que cette opposition a trop tardé à s'organiser : après des semaines d'atermoiements et sans avoir pu trouver le porte-drapeau idéal, elle s'est mise d'accord sur le nom de Michel Valla seulement à la veille du scrutin... Bien trop tard pour faire une vraie campagne, une tournée des élus pour les convaincre du bien-fondé de la démarche, se donner du crédit et des chances de l'emporter.

Certes, le score est « honorable » pour les battus, et beaucoup d'entre eux s'en satisfaisaient. 35 voix contre 32 et 3 votes blancs, cela prouve que l'arrivée du Pays de Vernoux, au lieu de renforcer la majorité en place, comme c'était le but évident de ce redécoupage inique, l'a laissée tout aussi mouvante et incertaine.
Ce qui indique bien que les représentants de notre plateau sont loin de former un troupeau moutonnier et que certains font honneur à leur mandat en réagissant face au danger d'un suivisme aveugle. Et ce qui promet, au sein de cette hétéroclite et pléthorique assemblée de 70 élus (soit beaucoup plus que le parlement de l'Islande ou celui du Luxembourg!), de sérieux remous et de belles passes d'armes quand il s'agira de délibérer sur les dossiers chauds et controversés !
Cela n'est pas une bonne nouvelle : la paralysie de nombreux projets, que cette instabilité va induire, pourrait souvent entraver une dynamique déjà bien difficile à percevoir et rendre la CAPCA ingouvernable. Et, honnêtement, même si ses arguments auraient été meilleurs, une autre gouvernance se serait trouvée confrontée aux mêmes risques de tangage... 

A partir de son succès intervenu comme un soulagement, Madame Serre a donc eu le loisir, avec sa petite marge de manœuvre, de dérouler ensuite la réinstallation de l'ensemble du bureau déjà en place avant la fusion. En y greffant donc simplement la docile Arlette Allard, jument de Troie de Martine Finiels. Laquelle a été contrariée dans son ambition d'accéder à la vice-présidence par une ferme injonction de son patron au Conseil départemental, conscient que le cumul des mandats de la maire de Vernoux est devenu un peu trop voyant, au point d'indisposer jusque dans son propre camp et son entourage proche...
Mais qu'on ne s'y trompe pas : en devenant prochainement (sa nomination devra cependant passer le cap de l'approbation par une majorité d'élus) « conseillère déléguée », Madame Finiels ne lâche pas vraiment le manche.

Pour trois ans a priori, jusqu'aux prochaines municipales, nous voilà donc embarqués dans cette nouvelle intercommunalité qui ne nous convient pas et derrière cet attelage qui n'inspire ni élan ni confiance.

La leçon, et elle ne nous surprend guère, c'est que nous sommes des enfants de choeur face aux roués de la politicaillerie et des petits arrangements d'arrière-cour. Lutter pour plus de transparence et un véritable exercice de la citoyenneté est un exercice ingrat, injuste face à des illusionnistes expérimentés qui tirent les ficelles de trop de marionnettes... Seule consolation pour les naïfs que nous sommes : avoir un peu remué la vase et fait tomber quelques masques, peut-être même rebattu les cartes, au moins au niveau local – nos 3 200 habitants excentrés étant déjà quantité négligeable aux marges de l'immense CAPCA...

Que faire maintenant ?

D'abord surnager dans ce marigot politisé à l'extrême, un des derniers refuges des carriéristes et d'un PS aux abois.

Essayer d'en tirer quelque bénéfice, s'il y en a qui passent, ne pas trop y perdre par ailleurs, en restant vigilant face aux décisions prises, à tout délitement de notre mode de vie rural et convivial, à toute dégradation de la proximité de nos services et de notre déjà bien faible attractivité économique.

Faire confiance à certains de nos élus, qui ont su se démarquer de la ligne personnelle de Madame Finiels, pour nous défendre et nous alerter si la situation venait à se dégrader de trop.

Préparer les prochaines échéances électorales, au-delà de la présidentielle et des législatives de 2017, et s'en souvenir au moment où elles interviendront, afin de reprendre, si possible, notre destin en main. Là aussi il y a du boulot!

Et envisager de possibles solutions de sortie - il y en aura ! - si la situation venait à se dégrader inexorablement.

Cela fait bientôt un an que je me bats, que vous vous battez avec moi pour essayer de faire triompher le bon sens. Aujourd'hui, c'est bien sûr un constat d'échec que je déplore. Il va falloir réfléchir à ses conséquences sans - trop - se laisser décourager. Et, surtout, passer de bonnes fêtes...

Joyeux Noël à tous et à l'année prochaine !

Patrick Lafayette


Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, trouvez ci-dessous l'article du Dauphiné Libéré, paru mercredi, où les deux présidentes font le show. Jetez un oeil aux passages sur les petites communes et le devenir des équipements culturels et sportifs. Les réponses sont consternantes... Quel sens de l'anticipation! Qui a dit "Gouverner, c'est prévoir."? Ce n'est ni Martine ni Laetitia!

mercredi 14 décembre 2016

Alerte Arlette!

Bonjour à tous.

En quelques lignes et avant le vote de ce soir, mercredi 14 décembre, pour l'élection du nouveau bureau de la CAPCA, qui donne lieu à une cuisine électorale aux très mauvais relents, juste deux mots importants, à destination des citoyens qui ont la gentillesse de me lire mais aussi et surtout pour les élus amenés à se prononcer tout à l'heure:

- Il semblerait qu'Arlette Allard, maire de Silhac, soit poussée vers une candidature à la vice-présidence... Que chacun le sache, voter pour Madame Allard, c'est voter pour Martine Finiels, dont elle est une des fidèles! Madame Finiels qui "se contenterait" alors d'un poste de conseillère déléguée - non soumis au scrutin... - taillé sur mesures par Madame Serre...

- Se couper de la Région pour des raisons politiques serait une grave erreur à un moment où elle récupère l'essentiel de la compétence économique. Il faudra bien demander à Mme Serre, avant l'élection, si elle acceptera de tendre la main à la nouvelle majorité qui dirige Auvergne-Rhône-Alpes et de travailler avec ses représentants sur notre territoire... Sans exclusive et en s'affranchissant des consignes partisanes?

Nous serons à cette élection.
Je vous en ferai un compte-rendu détaillé.
Mais quelle qu'en soit l'issue, une fois que les représentants du Pays de Vernoux, jusque-là très courtisés, se seront prononcés, rien ne sera gagné: il faudra mettre sous pression le nouvel exécutif et ne jamais relâcher la vigilance, sinon notre plateau, si excentré, éloigné des centres de décision, considéré comme simple variable d'ajustement et, quelque part, quantité négligeable, sera vite oublié!
Quelle misère d'être allés vers une intercommunalité où les majorités sont si ténues que tout y sera négocié dans l'opacité et politisé à l'extrême! En nous emmenant vers la CAPCA, Martine Finiels nous a embarqués dans l'instabilité et la "combinazione" permanentes!
Ce n'est vraiment pas ce dont nous avions besoin au moment où l'emploi fiche le camp et notre ruralité est menacée.

Bien à vous.
Patrick Lafayette



lundi 5 décembre 2016

Au théâtre ce soir...

Bonjour à tous.

Le 1er janvier, le Pays de Vernoux se fondra donc officiellement dans la CAPCA. Et le 1er janvier également, le Théâtre de Privas passera sous compétence (et donc sous financement, à hauteur de 60%) de la CAPCA.
Les modalités pratiques de ce transfert ont été définies et votées la semaine dernière. Hors toute présence de nos représentants, qui ne siègeront qu'en 2017. Mais avec des conséquences fiscales non négligeables pour nous tous...
L'article du Dauphiné Libéré (qui n'est pas paru dans l'édition de Vernoux...), dont je vous mets copie ci-dessous pour information, n'étant pas d'une clarté limpide en la matière, je me suis adressé à Emmanuelle Riou, la vice-présidente chargée des finances, qui a bien voulu me décrypter l'affaire...
Vous lirez donc dans le DL que la délibération votée multiplie par six la cotisation foncière pour certaines entreprises afin de faire face au coût de ce théâtre.

Renseignements pris, il s'agit de:
  • Fixer un plancher de taxation pour les entreprises du secteur tertiaire utilisant peu de surface professionnelle; cette mesure cible des professions comme notaire ou expert-comptable par exemple, qui sont imposées sur une base foncière minimum.
  • Rééquilibrer le barême d'imposition au profit des plus petites entreprises. Mais, pour les plus grosses (au nombre de 66...), l'augmentation de la cotisation foncière pourra effectivement être multipliée par six.
  • Faire ainsi rentrer 148 000 € de plus dans les caisses de la CAPCA.

Tout cela ne concernera donc a priori que les sociétés à gros chiffre d'affaires (+ 500 000 euros/an semble-t-il). Mais 148 000 € ne suffiront pas à assurer les 60% de frais de fonctionnement. Et on ne vous parle pas de la nécessaire rénovation qui va être engagée et nécessitera des sommes bien plus importantes!

Pour résumer, le Théâtre de Privas (dont le rayonnement, la fréquentation, la qualité de ses installations et de sa programmation ne sauraient être mis en doute) ne va peut-être pas directement renchérir les impôts locaux des particuliers. Mais il détournera une grande partie de ce qu'ils versent pour un usage réservé aux habitants du bassin privadois. Qui d'entre vous, administrés du Pays de Vernoux, va régulièrement assister à un spectacle à Privas? Pourtant, nous allons payer pour cet équipement certes d'une grande utilité, mais qui nous est inaccessible...


Autre info: l'élection du nouveau bureau de la CAPCA (et donc du nouveau président ou de la nouvelle présidente) aura lieu le mercredi 14 décembre.

Par ailleurs, sachez que le "CapLab", laboratoire numérique avec imprimantes 3D et découpeuse laser a été inauguré mercredi dernier à... Privas! La CAPCA y a acheté pour 20 000 euros de machines que les gens du Pays de Vernoux... n'utiliseront pas!

Enfin, je ne résiste pas à vous envoyer, ci-dessous, la saillie du maire de Chomérac, en réponse à une conseillère municipale...
Décidément, ce François Arsac qui n'avait pas eu la langue dans sa poche lors de la réunion publique de la salle sous la Poste, le 24 novembre, confirme qu'il sait se positionner et faire l'article pour "son" candidat! Selon lui, tout espoir de divorce ne serait donc pas perdu... A chacun d'apprécier... selon sa sensibilité!

Bien à vous tous.


Patrick Lafayette

samedi 26 novembre 2016

Dialogue de sourds.

Les deux réunions publiques organisées ce jeudi 24 novembre, à propos de la fusion CAPCA/Pays de Vernoux, ont connu un beau succès public. Nombreux ont été les citoyens à venir s'informer auprès des élus et leur poser leurs questions. Nombreux ont-ils été aussi à en ressortir déçus, sans que le chemin sur lequel on nous pousse en soit éclairé.


Franchement, au moment de me mettre au clavier, j'étais un poil désabusé, prêt à vous écrire : « Tout ça pour ça ! » Et puis à la réflexion, après quelques coups de fil amis et de soutien, après quelques visites d'encouragement, je me suis dit que nous avions fait œuvre utile. A l'efficacité encore hypothétique voire douteuse, mais utile.

Oeuvre utile dès 18 heures, salle sous la Poste, où les débats ont été menés rondement, compte-tenu du peu de temps disponible.

Quatre vice-présidents de la CAPCA, Emmanuelle Riou (1ère adjointe à La Voulte), Michel Valla (maire de Privas), François Veyreinc (maire de Lyas), Alain Sallier (maire de Chalencon) et un conseiller communautaire, François Arsac (maire de Chomérac), avaient répondu à notre invitation.
Et c'est ce dernier qui fut d'ailleurs, grâce à la liberté de parole que lui offre sa position en dehors de l'exécutif, le plus direct, le plus offensif dans son propos, confirmant ce que nous dénonçons depuis des mois: "Ce mariage est une simple opération de politique politicienne qui ne tient absolument pas compte des intérêts des habitants des deux entités." Des propos approuvés et illustrés de nombreux exemples par l'ensemble des élus de la CAPCA, unanimes pour regretter "cette union à la hâte, sans concertation et contre-nature" que presque tous avaient d'ailleurs rejetée: il faut rappeler que le conseil d'agglomération avait majoritairement voté contre le projet du Préfet, un vote à portée simplement consultative malheureusement...

En vrac, on a appris ou vérifié que les finances et les moyens de la CAPCA, ce n'est pas brillant... Que les projets de la CAPCA, ça ne va pas très loin... Que la CAPCA est une construction artificielle et tentaculaire. Qu'à peine élargie et formée (en 2014), elle est déjà re-formée et encore agrandie, à peine en ordre de marche et déjà obligée d'absorber en toute hâte un voisin qu'elle n'avait pas choisi. Que ses dissensions internes sont réelles, palpables et permanentes et, du coup, paralysantes, surtout avec cette nouvelle bataille pour la majorité qui s'engage, incertaine, à l'occasion de la nouvelle élection du bureau (le 21 décembre) que cette fusion impose.
Bref, notre arrivée va encore attiser la guerre des clans, avec l'irruption d'une Martine Finiels plus politique que jamais en cette période où elle essaie de conforter ses positions quand son camp en est réduit, pour sa part, en apnée, de sauver ce qui peut l'être... Confirmation : nous débarquons dans un panier de crabes. Et l'apaisement ne semble pas encore à l'ordre du jour.

Dans ce tableau inquiétant, certains propos ont cependant tendu à rassurer, comme ceux de Michel Valla, qui a expliqué que la balance entre Privas et les communes rurales restait plutôt favorable à ces dernières, malgré les charges de centralité que la ville-siège espère faire partager. Ou encore les réponses d'Alain Sallier aux inquiétudes concernant le tourisme local, dont l'organisation et la promotion ne devraient pas être affectées par ce changement d'échelle et de statut.

Mais pour le reste, les informations glanées nous incitaient plutôt au pessimisme avant notre débarquement, en masse et à 19 heures, à la salle du Lac.


Là, oeuvre utile encore, mais changement de ton, évidemment! La présidente de la CC Pays de Vernoux, le vice-président de la CAPCA, Didier Teyssier, puis la présidente Laetitia Serre ont tenté de juguler la grogne en l'arrosant d'un jet sirupeux, ce langage souvent hermétique, verbeux et maniéré ("nous allons travailler en lien avec les acteurs du territoire" plutôt que "nous allons associer la population" – il serait temps !) qui accompagnait un interminable exposé truffé de sigles et de termes techniques incompréhensibles aux non-initiés. Il s'agissait de montrer qu'on est à la tâche, qu'on y met du cœur mais que c'est complexe et inaccessible au simple quidam. Il s'agissait surtout de soûler l'auditoire avec ce diaporama abscons dont Martine Finiels ânonnait le moindre mot au micro ! Objectif largement atteint quand le public eut ainsi compris que l'on assisterait à un dialogue de sourds : d'un côté la caste savante, embarquée dans des explications fumeuses pour faire accroire qu'il y a un projet derrière ces intentions aussi vagues que creuses, aussi incantatoires qu'indéfinies et incertaines ; de l'autre le petit peuple, inquiet pour l'avenir de son territoire, de ses équipements et de... son portefeuille, qui tentait de ramener ses interlocuteurs vers les questions concrètes de son quotidien. Sans jamais obtenir de réponse claire et nette. Et pour cause : le contrat de mariage est signé au bas d'une page blanche puisque rien n'est acté et que tout sera négocié, à la petite semaine, ultérieurement. Selon un rapport de force (7,6% de la population, 11,4% des délégués) qui n'est pas vraiment en notre faveur. Quid de la piscine, de la maison de santé, de la fiscalité ? Un grand flou. Avec, à propos des impôts, ce 0,71 mensonger sorti de son sac par Mme Finiels : vous avez compris, comme l'ensemble du parterre, que ce serait 0,71% ? Grave erreur !!! Il s'agit d'un coefficient et pas d'un pourcentage. Ce 0,71 se traduit par plus de 7% d'augmentation !!!* Voilà comment utiliser le jargon pour endormir le contribuable...
Et avec deux remarques au passage : Emmanuelle Riou, qui avait fait l'effort de participer aux deux réunions, n'a même pas été invitée à la table des élus par Mmes Finiels et Serre, alors qu'elle est vice-présidente de la CAPCA... en charge des finances ! Son départ bien avant la fin en a dit sans doute très long sur son humeur devant ce boycott de sa parole et de son expertise, elle qui aurait pu avoir des propos libres et indépendants, donc dérangeants pour les présidentes en place.


Dans ce fatras d'incompréhension et de maquillage des réalités, pas moyen de repérer une quelconque dynamique, un espoir d'avancée, une lumière à l'horizon. Comme l'a dit Roland Fernandez : « Nous ne sommes pas inquiets pour le social, les anciens, la petite enfance, les démunis... Le social, vous savez faire ! Mais l'économique bon sang, l'économique qui devrait être votre priorité !! » L'économique, on lui tourne le dos en s'orientant vers Privas...

Pourtant, le développement économique est officiellement la première compétence obligatoire dans la liste de celles qui incombent à une intercommunalité. Là, preuve de l'intérêt qu'elle suscite, elle est confiée à un élu qui a fait carrière comme.... contrôleur de l'URSSAF !!! Pas vraiment le bon VRP pour attirer les entreprises ! Comme si on choisissait un épouvantail pour attirer les oiseaux ! A croire qu'ils le font exprès, que la provocation est devenue la seule pirouette à opposer aux difficultés.Plus on fait d'économique, moins on a à faire de social ! Mais on a eu l'impression d'assister à un concert, en sourdine, du « Mala Vista Social Club »...

La seule alternative consiste à rebattre les cartes de la gouvernance à la mi-décembre (la date ne semble pas définitivement fixée), lors de l'élection du nouvel exécutif. Ces clés-là sont dans les mains des élus de notre Pays de Vernoux. Je le leur ai dit et je vous le répète : si les gens de la CAPCA sont montés jusqu'à nous, c'est d'abord parce que vos voix les intéressent... La seule force de nos huit représentants, c'est qu'ils peuvent faire et défaire les majorités. Qu'ils sachent préserver ce privilège en ne se donnant à personne et en ne suivant, dans leurs choix, que l'intérêt de notre plateau. Nous suivrons les délibérations de très près et c'est à cette capacité d'indépendance que nous jugerons leur action et les accompagnerons de notre confiance.

Les semaines qui viennent sont cruciales pour prendre la voie d'un minimum de dynamisme au détriment de celle d'une inévitable stagnation et du ronron sans perspective motivante que l'on voudrait nous imposer.

Nous serons vigilants.
Merci à tous de votre participation et de votre soutien.

Patrick Lafayette



(*) On nous objectera sans doute que si la « neutralité fiscale » est votée, elle nous préservera d'une telle envolée, au moins dans l'immédiat . 1. Cette « neutralité fiscale » (qui passe par l'acceptation de certaines communes à payer un peu plus que les autres) doit d'abord être votée à l'unanimité des conseils municipaux, et ce n'est pas acquis ; 2. Si elle est votée, elle s'accompagne de concessions financières, notamment en termes de « charges de centralité », qui, au final, valent augmentation... Mais je vais éviter d'entrer dans ce dédale technique, nous vous détaillerons ça si les circonstances... l'imposent !

lundi 21 novembre 2016

En attendant jeudi.

Bonjour à tous.

Le rendez-vous est donc ferme et définitif désormais, ce jeudi 24 novembre: réunion publique à 18 heures pétantes avec les élus d'opposition de la CAPCA et des élus du Pays de Vernoux à la salle sous la Poste – on fera vite mais dense... ; puis réunion publique à 19 heures avec les présidentes des deux intercommunalités à la salle du Lac.

La dernière (et seule) occasion d'obtenir des infos – ou pas! - de la bouche même des acteurs avant la fusion, le 1er janvier prochain.

En attendant, quelques éléments récents à intégrer avant ce double rendez-vous:
  • L'entreprise de sauvetage de Pierrefeu ou le développement des moyennes ou petites structures artisanales sur Châteauneuf, comme la visite de leurs représentants l'a montré la semaine dernière, passent désormais par une sollicitation de la Région, qui a récupéré la compétence économique; un exemple de plus qu'il faut savoir dépasser les clivages politiques, sources de blocage et d'inefficacité, pour agir en faveur de nos territoires ruraux.
  • La rencontre que nous avons eue, Roland Fernandez et moi-même, lundi dernier à Privas avec Pascal Terrasse, le député de notre circonscription, a été à la fois utile et instructive. Si M. Terrasse soutient que les arguments en faveur de la fusion ("Ce sont deux pays culturellement très proches") comme ceux qui s'y opposent ("Cette intercommunalité deviens ainsi immense et, d'un point de vue économique, je reconnais que ce n'est pas le meilleur choix...") sont également recevables, il n'a pas voulu se mêler d'un débat "tranché par le vote des élus et qui n'est pas de [son] ressort". En glissant tout de même ce conseil donné à Laetitia Serre, la présidente de la CAPCA: "Mettre en place des instances de concertation qui permettront de consulter la population et de l'associer aux décisions."
  • La Ville de Privas poursuit son projet de stade nautique à 10,5 millions d'euros et vient d'acheter les terrains de l'ancienne gare pour son implantation; quand l'élection de la nouvelle équipe communautaire (le 15 décembre) sera passée, ce sujet resurgira aussitôt, avec d'autres pommes de discorde comme le théâtre ou les transports publics. Cette élection de mi-décembre s'annonce disputée et cruciale: les élus du Pays de Vernoux, évidemment très courtisés, ont les moyens de faire ou défaire les majorités; c'est un atout précieux, ils doivent savoir en user intelligemment, sans "se vendre" à un camp ou l'autre.
  • Les graves soucis que provoque l'union de Rhône-Helvie (Le Teil) et Barrès-Coiron (Cruas) sont révélateurs des difficultés qui risquent de survenir dès notre "annexion" par la CAPCA: bien que ces deux communautés aient anticipé leur fusion par une concertation étroite et permanente depuis début 2016, l'harmonisation des aspects financiers et fiscaux, entre des ensembles économiquement très déséquilibrés, devient une irréductible pierre d'achoppement. On y va droit vers la bagarre de chiffonniers.
  • Si vous voulez en savoir plus, je vous mets ci-dessous les trois derniers articles publiés à ce sujet par le Dauphiné Libéré.
  • Le déséquilibre de notre "mariage" à nous étant – au moins - de deux ordres, du budget et de la taille (7 communes et 3 200 habitants face à 35 communes et 41 000 habitants), notre marge de manoeuvre est inexistante, comme le prouve déjà l'alignement de nos statuts sur ceux la CAPCA.
  • Bonne lecture, si vous voulez vous faire une idée de ce qui se passe un peu plus au sud!
  • Et à jeudi donc! Venez avec vos questions et observations et n'hésitez pas à mettre les élus sur le gril! Ils ne mordent pas, au contraire, j'en fais régulièrement la tranquille expérience.
Bien à vous.
Patrick Lafayette